CARNE MARCEL

Nous allons maintenant parler de Marcel Carné, et oui, venons-en à la France après avoir parcouru la Suède et le Japon (mais nous y reviendrons !).

 

Ce réalisateur a baigné le cinéma dans les années 30 et 40 avec des films tels que Le Jour se lève (1939) avec le sieur Gabin ; Quai des Brumes (1938) avec une ou deux réplique connue, en compagnie encore de Gabin, mais cette fois, c'est Michèle Morgan qu'il tient dans ses bras, dans ses yeux devrais-je même dire, et Les enfant du Paradis, qui lui prie deux ans de tournage à cause de la guerre finissante, entre 1944 et 1945, et qui est un des meilleurs français et même du monde. De ces trois films, même les néophytes d'apparence, auront quelques bases leur venant soit de leur grand-mère, soit tout simplement de leur vie de tous les jours : c'est comme le « Je suis ton père » de l'ami George Lucas ; c'est maintenant entré dans les mœurs, et bien Marcel Carné, a droit aussi à sa juste reconnaissance, et quelle est cette phrase alors : et bien tout simplement le « T'as de beaux yeux, tu sais ? », tout droit sorti du Quai des Brumes. Bon il faut dire que c'est passé de mode, et que Gabin était surtout aveuglé par le regard profond d'une Michèle Morgan, qui débutait tout juste dans le cinéma, et les deux acteurs étaient servis par des mains de maître, grâce au dialogue de Jacques Prévert. Et oui, le poète lui-même, qui eu une collaboration intéressante avec Marcel Carné, et leur alliance donna les plus beaux chefs d'œuvre du 7ème art, si bien que des mauvaises langues dirent que sans Prévert, le réalisateur ne fut rien. C'est en partie vrai, car à en regarder par ces films des années 60 et 70, où le poète s'en était retourné à ses vers, il faut bien dire qu'ils sont assez décevants : Terrain vague (1960), Les jeunes loups (1967) et Une merveilleuse visite (1973).

Venons-en au chiffre maintenant, passage obligatoire, et dont chacun est friand, et qui démontre une recherche poussée, bien que je n'ai qu'à feuilleter un dictionnaire (ah d'ailleurs, je m'appuie pour ces recherches des éditions Bouquins où Jean Tulard, à travers les acteurs, réalisateurs, et les films, nous présente le 7ème art, depuis plus de 20 ans !).

Les décors de Quai des Brumes, imaginé par le grand chef op' Alexandre Trauner. 

Donc le sieur Carné est né dans un petit village perdu de Bretagne, où il passa une enfance partagée entre la ferme et l'école, se plongeant très tôt dans la lecture, ô combien vivifiantes (on lisait à l'époque !) et qui rêva sans doute ses film avant de les faire : Drôle de Drame, vous ne trouvez pas ?!

 

La phrase que vous venez de lire a été en fait inventé, est peut-être en partie vraie, mais bon, voilà la partie un peu détente, en milieu de ce sujet, très important si je ne veux pas que mon lecteur s'en aille, à cause d'une envie pressante de zapper d'un site à l'autre (on zappe sur le net maintenant ?!)

 

Pierre Brasseur et Arletty dans Les Enfants du Paradis (1944-45)

Né en 1906, Carné fut d'abord journaliste pour Hebdo-Film, Cinémonde et Film-Sonore, puis assistant de René Clair et Jacques Feyder dont je ne manquerai de vous faire la critique dans un prochain article. Avant ce Drôle de Drame qui marque sa collaboration avec Prévert, il tourna un court-métrage documentaire sur la ville de Nogent, non loin de Paname, et qui s'intitulait : Nogent, Eldorado du dimanche (et oui, chaque parisien y allait s'y balader dans les années 30, avant que viennent les congés payés, pour ce film tourné en 1930), puis Jenny, un mélodrame avec Françoise Rosay  (mon parrain en est fan, et c'est vrai que c'est une admirable actrice des années 30, dirigé par les plus grands cinéastes : Jacques Feyder (dont c'était l'épouse), Claude Autant-Lara, Julian Duvivier ( le temps d'un bal ) sans avoir besoin de vérifier, et je vois Louis Feuillade, en cherchant sur le net, et dans le somptueux Les Vampires de 1915 (à vérifier, si quelqu'un pourrait m'en dire quelques mots sur cette possible collaboration, je suis tout ouïe !)).

 

 

Il est parfois des images qui sont plus révélatrices que trop de mots qui en disent moins longs en vérité, et puis le cinéma se vit en images, donc, je vais étayer mes textes d'Humphrey Bogart, de Danielle Darrieux, et de Cecil B. DeMille (pour ce dernier, j'ai du travail : plutôt productif le gars !).

 

 

Une des célèbres scènes du film Les enfants du Paradis (1944-45) 

 

Il est à noter que Marcel Carné doit beaucoup à ses acteurs et la liste est impressionnante, si on prend le soin de s'y arrêter : dans Drôle de Drame (1935), c'est Françoise Rosay donc, Michel Simon (qui forment un bien joli couple Molineux !) Louis Jouvet (« bizarre, bizarre, vous avez dit ? » : et oui, c'est de ce film que vient cette fameuse réplique !) Jean-Pierre Aumont (admirable acteur, mais un peu oublié, et qui avait un visage si pale qu'on pouvait le croire mourant : « quoi il meurt à la fin ?! » : euh désolé, ça m'a échappé : les films étaient tourmentés à l'époque et tombait pas autant dans le mélo mielleux !) ; Quai des Brumes (1938) c'est le couple Jean Gabin et Michèle Morgan, ainsi que des second couteaux intéressants  (il faut revoir le film que pour eux, car chacun des moindres personnages est caractérisé et intéressant donc : aujourd'hui c'est plus pareil !) : Edouard Delmont, Aimos, Robert Le Vigan qui avaient des noms bien trouvés : Delmont c'était Panama dans le film, Aimos, Quart-Vittel, et Le Vigan ; sobrement Michel, ce qui me fait penser qu'il y avait encore Simon dans le film, et aussi Pierre Brasseur (le père de Claude, et bien meilleur, enfin c'est une autre époque !) ; Hôtel du Nord (1938 : « C'est de lui aussi ?! » : Et oui, que des chefs d'œuvres, et deux dans cette même année, qui voyait aussi La femme disparaît d'Hitchcock sortir dans les salles obscures, lui qui allait bientôt partir aux Etats-Unis) avec Arletty, Louis Jouvet et Jean-Pierre Aumont (on ne change pas une équipe qui fonctionne !), Paulette Dubost (qui fait partie, comme Raymond Bussières, des excentriques du cinéma français : va savoir pourquoi !), et Bernard Blier à la filmographie aussi épaisse aussi épaisse que son poids - le Charles Laughton, si j'ose dire, du cinéma français ; et finissons avec Les enfants du Paradis (1944-1945car vous commencez à bailler !) qui voit Arletty, Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, un magnifique trio pour cette histoire qui en suit plusieurs dans un somptueux Paris, du milieu XVIIIème,  baigné par le monde du spectacle, du vrai et faux, sous ces jeux d'apparence trompeuse, et qui voit aussi Marcel Herrand (en Lacenaire : et oui il n'y a pas que Daniel Auteuil qui l'a joué : tout a déjà fait précédemment !), Maria Casarès (qui joue la courtisée Nathalie), et le magnifique Gaston Modot (qui campe un aveugle qui a l'œil !).

L'affiche que l'on avait à nos vingt ans dans notre petit studio, a gardé tout son charme avec ses pliures !

Voici donc en quelques mots le parcours de Marcel Carné. Celui-ci s'en est allé en 1996, 20 ans après avoir fait son testament dans La Bible (oui c'est de lui ! Enfin ce n'est pas le seul à s'y être attelé !) : il a préféré se retirer après ça, Jacques Prévert mourut l'année suivant le film, soit en 1977, et pour être exact le 11 avril. Adieux, veaux vaches cochons, et je n'aurai qu'un mot à dire : tournez vous vers ses films, ces films même de lui ou d'un autre, mais c'est toute une époque que celles des années 30, celle du Réalisme poétique, un genre qui marqua le cinéma, et une étape importante, venant tout juste après le surréalisme mis en exergue par Luis Buñuel et son Âge d'or (1930), entre autres, sans oublier qu'il y avait aussi Germain Dulac dans ce courant : j'en fais la remarque car c'est intéressant de voir les réalisatrices, si peu nombreuses, qu'il serait sexiste et dommage de passer à côté, elle qui a fait La coquille et le clergyman et La souriante Madame Beudet : comment les oublier ?!  

 

et si vous voulez en savoir plus sur ce réalisateur, vous pouvez jeter un oeil sur ce site : http://www.marcel-carne.com/

et je vous montre comme dans chacun de mes articles une vidéo pour terminer !

cette fois-ci, c'est le Quai des Brumes, le début du film où Jean Gabin prend le camion pour le mener à la ville du Habre, enfin au bar! ça me rappelle mes cours de cinéma au lycée : le prof de cinéma nous avait montré exactement cet extrait ! souvenirs, souvenirs !

 



16/11/2007
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